" Ainsi, mon histoire n’est pas mon histoire, bien qu’avec le temps, cette histoire qui n’est pas mon histoire devienne peu à peu mon histoire. Et un jour, je ne me souviendrai vraiment plus de rien, j’emmêlerai tout. Si ce n’est pas l’arrogance (ou la peur) qui finira par avoir raison de l’histoire de mon âme, ce sera probablement l’âge. Je vieillirai et ne croirai plus qu’en la matière de ce que j’aurai vécu. Je ne serai même plus certaine d’avoir été enfant ni de ce que j’aurai accompli, et je ne pourrai plus considérer sérieusement les questions existentielles et spirituelles qu’au travers de livres arides et spécialisés. Ainsi, mon conteur aura disparu dans le miroir. Je ne verrai plus mon âme, mais rien que mon visage. Et plus mon corps et mon visage se flétriront, plus ils me happeront. Ils seront ces déplaisants voleurs que je regarderai dans mon visage et mon corps fuyant la jeunesse. Je maudirai le passage du temps sur mon corps et mon visage, croyant tenir l’escamoteur, et chaque fois que je penserai le temps coupable pendant que je me regarderai vieillir, mon histoire s’étiolera de mon âme délaissée. Je ne saurai plus qui je suis entre l’histoire obligée, l’apparente carte de visite et mon histoire véritable. Je ne penserai plus qu’avec condescendance tout ce que j’ai su déjà entièrement dans l’enfance ou dans mes moments de vérité. Je ne me laisserai plus penser sans me trouver ridicule, qu’une autre en moi existe, voudra toujours exister jusqu’à la fin. Et j’écouterai davantage les démissions des autres qui cherchent à me dissuader de courir l’univers dans ma tête, ou de partir, parce que c’est dans notre nature de dissuader la saine folie des autres. Et… "
(extrait roman)

Écrire

« Écrire m’est tombé dessus dans l’enfance, lorsque je croyais qu’il ne valait pas la peine de grandir si je ne devenais pas Rimbaud ou Beethoven. Je n’étais ni l’un ni l’autre. Grandir c’est apprendre à tempérer, oublier, transformer. Ma trentaine débarque sans prévenir. L’enfant que j’étais revient m’asticoter, sourire en coin, espiègle. Il demande de l’aider à s’endormir. Quoi ? Te raconter une histoire ?! Fables qui le hantent depuis sa nuit des temps. Comment refuser de tendre la main à l’enfant que nous étions ? Je ne sais si tout cela arrive par le temps qui défile, ni si le temps est le véritable auteur de notre vie. En fait, je ne sais rien et je n’ai rien à dire ou alors une incroyable quantité de stupidités. Je préfère imaginer et partager ma folie. Je sais seulement que l’enfant en nous revient toujours et réclame ses rêves. Je crois que l’enfant a raison : ne vivent que les histoires que nous inventons, non celles que nous croyons vivre. »
Bioblabla

musique

Proposition: écoutez 2 morceaux de
Autura, un petit groupe superbe: ahi cumm'avimm'a fa
et Omaggio alle figliole avec son aimable autorisation.
Copyright © Autura, musica popolare

Artaud lecture

Mihal-Talia lit Artaud, bande sonore vidéo 1995, 12 minutes

Travail sonore pour un théâtre multimédia. Texte d'Artaud: 12 minutes d'un montage vidéo réalisé et interprété par Mihal-Talia Barbara Laïtem pour une performance scénique multimédia présentée au Studio Gauvreau de l'Université du Québec à Montréal en sept 1995. Création sonore réalisée par des étudiants en composition électroacoustique de l'U.d.M.

12 minutes avec Artaud

Quoi de neuf ?

à paraître

Archipel pour l’enfance

3 micronouvelles à paraître cet automne dans une anthologie intitulée Les Soleils d’Infernalia

Les Soleils d'Infernalia, 2010

Anthologie de textes courts, Les Soleils d'Infernalia, 2010

dans une nouvelle maison d’édition Le songe des murènes, consacrée à la forme courte. Lyon, 2009 (ISBN : 978-2-9533062-1-7 – fin décembre).

sommaire

Sommaire anthologie Les Soleils d'Infernalia

La justesse est aller jusqu’au bout de nos relations, même quand ça fait mal. La vérité s’y loge.


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