Journal

(parfois quelques mots, depuis mai 2009)

inverser l'ordre des notes

à côté de ses plumes

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Le temps du futur est piège.

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Cette tristesse  cancérigène, sans pitié et sans fond.

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Toutes les blessures de nos chagrins d’amour perdurent, indélébiles. Scandaleuses inhumaines.

illustrations sonores :  1 et 2 et 3 et 4

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L’amour en nos cœurs est incendie ! Incendie !

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Le concept du fou innocent perdure, mais l’innocence sans folie est cette folle liberté que l’État ne tolère pas.

Criminel ou victime, tous deux exempts de fautes par la sainte psychiatrie justice.

La morale étatisée, voire la morale tout court, corolaire de la Loi civile, ne sert qu’à trois voies :

  • Révolte.
  • Meurtre, rebaptisé protection civile.
  • Se laisser tuer. S’anéantir, si l’État ne le fait.

Se récuser des crimes à la Une, encore de pauvres vies désolées…
Alors à nouveau : La morale ne sert qu’à une voie double : vous faire la morale ou vous apprendre à faire la morale qui justifie tout.

L’impuissance tue aussi

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L’art, cet Unique Dieu accessible de l’homme.

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Mon dictionnaire intime demeure impuissant, ne révèle que des patois de plus en plus indéchiffrables à mesure que je me traduis. Le principe d’Heisenberg est passé au psychisme.

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J’écris, pour me sauver de mes pensées.

Écrire: mes yeux contre les murs.

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Tu as tout éteint sauf ce qu’il eût fallu éteindre. C’est toi que tu as éteint au lieu de contraindre l’oppression à passer son chemin.

Car nulle part tu n’étais en vérité. Ni en toi ni au dehors, seulement un personnage à construire.

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Bien souvent tout est en nous mais nous n’avons pas les mots, ni toutes les données parce que précisément nous n’avons pas fait le tour de la question. Ou bien nous sommes en route mais pas à son impossible terme.

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Synthèse à l’interne, déclic qui tarde, une fenêtre s’ouvre brutalement avec force.Visitant un bâtiment délabré (moi certainement je suis encore un vieux bâtiment délabré, en démolition et à reconstruire) je passai soudainement au travers d’un sol défait pour me retrouver dans la pièce d’en bas que je n’aurai pas vue autrement.

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Vite : le pouvoir de fermer. Fermer les portes ouvertes derrière soi pour se concentrer à n’ouvrir que devant soi. Unique porte. N’entrer que le vent. Se mâter au devant pour éviter d’insolentes finitudes et de violences intimes.  Fermer systématiquement toutes les voies pourries. Parce ce qui est mort vous revient plus volontiers dans le dos.

La destinée individuelle est balancier capricieux entre un individu atrocement seul contre une absurdité fuyante.

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L’amour qui résiste à tout et au temps se jette à nos cerveaux comme une énigme dont on ne peut se détourner. On se dit pour bâcler : ce n’est que l’idée ou le souvenir de l’amour. Pour finir, l’incendie ronge. Que faire de ce qui persiste ?

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Que savons-nous réellement sur ce qu’endure les autres ?

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« C’est le reste du cri barbare, c’est encore après qu’hier, toute prête dans notre enfance, notre vérité s’offre miroitante en rêvasserie ou mièvre lointain vers demain, vers ces futurs. Et tandis que nous regardons tout cela, de notre vérité nous mentons partout. »

(Du plus loin où je serai je t’embrasserai, 2002, extrait)

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Je n’ai rien à dire de neuf. Mais en écrivant, il m’arrive parfois d’apprendre un petit quelque chose. N’est-ce pas sain de le partager ?

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La mort atteint cruellement les vivants, elle est décidément incompréhensible sauf quand il est trop tard. La mort d’un proche nous fissure et nous accélère, catalyse nos décisions. Notre destin.

En deuil, mes yeux rougissaient en pliant sous le poids du quartier qui fait chambre du souvenir. Je pensais à l’avenir et l’avenir est dans plus jeune que nous ou plus désespérés que soi.

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Ce qui nous blesse amenuise notre innocence et développe notre acuité où,  en bout de course, gémit l’aveu de notre connerie généralisée.

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Ces mots qui résistent, je voudrais les voir s’envoler comme de grands oiseaux…

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Peut-on déroger à son destin quand il semble trop prévisible ? Émigrer, s’expatrier… On s’exile pour sauter dans le temps.

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Réminiscences d’un fantôme qui a beaucoup d’humour noir. Parfois, je tombe dans un trou de vers.

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Quelquefois ma tête entière est une lame de rasoir.

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Tout ce que j’ai trouvé contre les pensées morbides, c’est mon sourire. Agissant sur l’idée noire physiquement par un rictus capable de tricoter un rire, une distante ironie, liberté larvée d’envoyer tout exploser.

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J’ai encore un fond de belgitude très ancré qui ronchonne de son exil.

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Dis-moi, l’écrivain, que fais-tu lorsque des inconnus viennent frapper à ta porte ?
Que fais-tu s’ils se déclinent comme les nouveaux personnages de ton obsession ?
Quand tu dors, quand tu travailles et cours par monts et par vaux, comment réagis-tu les voyant revenir inlassablement frapper à l’issue de ton cerveau,  pourchasser l’ombre de ta foulée dans les ruelles ?
Essayes-tu de les ignorer parce que l’insomnie accable ton être ? Arrêtes-tu ta voiture comme un voleur à l’orée d’un sous-bois, sortant un calepin tout en jetant des coups d’œil furtifs ?
Exiges-tu « patte blanche » pour les écouter ?

Tu les congédies puis tu les retrouves sur ton seuil à se dandiner, faussement timides, et ils s’incrustent à force d’envoutements, qui de berceuses qui de tourments.
Ou plus radicaux, ils défoncent tout, violent ton territoire munis d’une proposition inexorable.

Si seulement ces rôdeurs se contentaient de franchir tes pensées, mais en plus ils parlent !

Pour les semer, j’enfourche ma bécane, saute dans un train, un avion vers l’enfer, fais l’amour à satiété, casse la gueule à n’importe qui. Je me shoote à l’ennui, au travail, à la course. En vain.

Leurs voix hantent mon esprit, comme au travers d’un mur trop fin les conversations des voisins hantent ma maison. Ha, j’ai beau feindre l’indifférence, rien ne m’échappe ! Pour s’en débarrasser, ne reste plus qu’à les enfermer dans un livre, les dompter dans une boîte à l’italienne où ils donneraient le miroir de la réplique.
Pour les éteindre, je pourrais aussi commencer à leur ressembler, m’en faire des amis.

N’empêche, quand ils sont las de me harceler, je me sens vide et inutile.

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Aujourd’hui, un évènement salutaire. Vitale est la retrouvaille avec  sa respiration.

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La justesse est aller jusqu’au bout de nos relations, même quand ça fait mal. La vérité s’y loge.

livre d'or