Des Oreilles dans le Dos, théâtre

Synopsis:

Drame burlesque où huit personnages se débattent dans un huis clos. Une cité réservée aux exclus et indésirables de nos sociétés. Comment vivre libre dans une prison dorée? Faire la sourde oreille ou entretenir l’illusion collective? L’arrogance du monde moderne continue de produire ses idéologies mais, le citoyen est-il aujourd’hui – par inertie, un collabo des mauvaises causes?

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Nombre d’interprètes: 8

7 hommes (de l’adolescent au vieillard) et 1 femme

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Le Centre des Écritures dramatiques Wallonie-Bruxelles a édité cette pièce en tirage léger. (Dans le cadre de la lecture-spectacle « Auteurs à vendre », 26 et 27 mars 2004, un extrait du travail de six auteurs a été mis en voix au Théâtre de la Balsamine et à la Mezza Luna).

 

(disponible en Belgique à la Théâtrotèque du CED-WB )

ou sur demande (m’écrire) pour les metteurs en scène)

 

Extrait :

HANS LARSEN : La loi est la même pour tous, le système ne l’est pas, et il faut gérer ça comme on peut. Vaut mieux éviter d’en parler.

NEILL PASSADO: Nous sommes de plus en plus sourds…

HANS LARSEN: Un paradis sur le dos et j’ai commencé à parler tout seul.

NEILL PASSADO : L’éden assèche…

HANS LARSEN : Au début, on y croyait ferme, l’herbe est plus verte ailleurs. Puis c’était gratuit.

NEILL PASSADO : Pas exactement gratuit.

HANS LARSEN : Ils nous ont donné un logement pour chacun, de l’argent pour tous, nous sommes les citoyens d’un nouveau monde.

NEILL PASSADO : Comme sujets de laboratoire!

HANS LARSEN : Bah! Peuple bâtard mais peuple tout de même!

NEILL PASSADO : Une décharge, oui! Un camp pour tous les exclus du monde.

HANS LARSEN : Attention tu parles trop Neill Passado!

NEILL PASSADO : C’est à peine si je m’entends encore. Je dois parler pour ne pas oublier que j’ai une voix.

HANS LARSEN : Alors parle!

NEILL PASSADO : Toutes les histoires se ressemblent, Hans. La mienne est celle du survivant épargné. Vois comme je suis devenu ridicule: réduit à l’observation éternelle de votre soumission docile.

HANS LARSEN : Nous avons développé des oreilles dans le dos. Soumis au Gardien invisible; obligés de nous surveiller les uns les autres, l’angoisse rebondit sur chacun.

NEILL PASSADO : Obligés?

HANS LARSEN. —Chacun a été regroupé selon sa catégorie. Eux là-bas, nous ici. Et après? Chacun son troupeau et les vaches seront bien gardées.

NEILL PASSADO : Vous jouez les Robinson grand confort, chacun oubliant d’où il venait, qui il était…

HANS LARSEN : … Et pourquoi nous sommes ici, tu l’oublies!

NEILL PASSADO : Parce que. Arbitrairement – hop au trou!

HANS LARSEN : Il y a une procédure équitable, Neill.

NEILL PASSADO : Des salades!

HANS LARSEN : Alors ils sont venus pour l’argent.

NEILL PASSADO : ça n’explique pas leur obéissance.

HANS LARSEN : Alors disons: assez d’argent pour qu’ils ne renâclent pas trop fort.

NEILL PASSADO : On verra la suite.

HANS LARSEN : N’importe! Je suis incapable de ressentir une opinion.

NEILL PASSADO : Tu vois! Ils gagnent du terrain, ils te font des pensées dans le dos.

HANS LARSEN : Moi, je gère, j’exécute, c’est tout.

2002-2003, Montréal-Bruxelles

une maquette que j'ai réalisée pour Des Oreilles dans le dos, jamais montée


Maquette


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