Micronouvelles

Aral blues

Souviens-toi l’ami de la Mer d’Aral, contrainte à la solitude. Quand Mongols, invasions et Tamerlan la dérobèrent à ses profondeurs. Gengis Kahn d’abord, ensuite le grand Turc puis, cavalier de tes steppes tu courrais libre. Pourquoi, pourquoi brider, punir ta nature en ôtant le mot liberté de tes forces vives? Oui Gengis Kahn était coupable mais… toi! Toi aussi tu as mis sous cloche une mer bleue d’azur. Tu privais tous tes fleuves affluents. Tu t’es désolé, amère l’eau s’enfuyait, un sel t’étouffait. Déchéance, tu songeais à quelques figures russes qui ne liront jamais Blaise Cendrars. Ceux-là n’aimèrent pas mieux Aral. Stagner mais hurler !, désespéra la mer bleue de son enchaînement aux cotonniers

Tous les jours le monstre

Je ne sais pas. Je ne sais rien. Vous savez vous ? Je n’ai jamais trouvé. Il n’y a pas de mots pour expliquer ce truc. Ça s’insinue partout en toi. Un monstre toujours indéchiffrable. Une fichue chaîne. On l’a tous aux pieds. Ou au coeur. Certains l’ont directement dans le cerveau. Une saloperie de chienne indésirable qui te visite tous les matins que le bon dieu ou le diable fait. Quand je me réveille ça me ratatine la gueule devant le miroir en -c’est moi ça ? C’est bien moi qui vais besogner toute cette merde aujourd’hui ? Moi qui suis responsable du gris journalier ?

Tu te défends avec un j’aime mon boulot. La belle affaire. Tu es qui tu es où ? Dans le j’aime ou dans boulot ? Tu vas agir tu es quelqu’un. Autant d’actions accomplies dans le fleuve de l’élan écrasant de mon entreprise, employeurs, mes clients. Tu es peut être le marketing de tes rêves. Tu colles au commerce. Tu es bon. Le meilleur. Tu colles au message de l’argent, de l’art, des petits pois en boîte, des chemises à rayures ou des revues philosophiques. Tu es ta boîte. En croissance. Employé numéro un, patron relaté dans Forbes. Mais pourquoi tu gagnes si peu ? pourquoi tu vis si peu ? Tu aimes te faire entuber n’est-ce pas, ricane le monstre. Je t’ai contaminé du plus loin que tu te souviennes, avoue-t-il. C’était déjà en feuilleton dans ton enfance. Un titre de slogans qui te qualifiait en série.

Donc tu es fin prêt pour un nouveau 24H d’actes. Pimpant frais rasé ou, avec un mal de crâne et trois couches de déo. Ta journée dans le monde, tes mes nos gestes collés en série. Lequel me ressemble ? Pieute le plus tard possible. Pour reculer le demain avec sa poire d’étranger et ma gamelle insipide. 24×7 heures de mouvements qui ont l’air innocent, qui sont pas si graves. Faut pas en faire un plat dis donc c’est rien ! C’est comme tout le monde quoi, je fais rien de mal je vis je gagne ma croûte. Masque d’argile, maquillage ou chapeau aujourd’hui ? Café noir MacDonald -et un beignet Donnut avec ça ! Ou bien café équitable chez la bourgeoise ?

Pourquoi il m’appelle plus ? Pourtant il m’a dit je t’aime hier soir au moment de jouir. Peut être que je devrais retourner chez l’esthéticienne ? Ou elle m’avait dit -je ne sais pas si je t’aime parce que tu vois avec vous les hommes… Merde ! où j’ai encore foiré ? Je sais plus si je devais lui offrir des fleurs ou apprendre le bottin des poésies d’urgence ou emprunter la carte American express de mon pote. Le monstre cogne dur. On l’a tous aux pieds. Ou au coeur. A la tête il tape aussi dès fois je ne sais plus si je l’ai encore. C’est un mafieux. Tu crois t’en débarrasser il t’attend au prochain troquet des plaisirs où tu croyais t’évader de lui. Si vous ne l’avez pas en matinée vous le choperez au crépuscule. C’est une mauvaise blague répétitive. Je ne sais pas. Je ne sais rien. Vous savez vous ?

24 janvier 2007

La perpétuité des vices

L’histoire du petit Mathieu a défrayé les manchettes. Quel cafouillis autour de cet enfant qui vola une cerise ! (ou du pain, je ne sais plus, toujours est-il qu’il n’a jamais rien volé d’autre, enfin bref). Car du vol de cerise l’on était arrivé déjà au juge de paix, pas à cause du vol non, mais parce que les parents étaient très laids. Ils refusaient toujours de se laisser voir, fut-ce par le laitier. Donc ils ont parus absents lorsque le policier ramena le petit Mathieu à la maison de ses parents. Ensuite, pour appuyer le sermon et se venger du renom, il y eut convocation sur un bout de procès-verbal. Et comme il pleuvait des cordes ce jour-là il était plus que normal que la convocation détrempée ne fut pas remarquée et, les parents toujours invisibles pour ce policier, reçurent plus tard une amende pour ne pas s’être présentés -oui pour le sermon en question, mais l’amende ils ne pouvaient pas la payer, car manque de chance, le père justement ce jour-là, offrit une semaine de vacance à sa femme Hortense, qui avait rêvé toute sa vie de visiter Florence. Or si ce geste d’amour avait comblé son épouse, le portefeuille lui s’était effeuillé plus qu’il ne l’aurait fallu… Maison de correction pour Mathieu et pension alimentaire par le père, qui n’a pas pu rattraper son couple dans cette affaire. Et du traumatisme de l’enfant, jusque là bien innocent, à l’amertume, de l’amertume aux gestes compensatoires posthumes. Irréfléchi oui. Le vol d’un paquet de frites à Brest (ou du pain ou d’une cerise). De la frite à l’avertissement sanction fric, du traumatisme, au sentiment d’injustice, affaiblissant la personnalité du grand Mathieu, et cætera, et cætera, comment il se débrouillera on verra. Voilà comment pour une cerise, on reçoit la perpétuité des vices. Mathieu, condamné sans sursis, à la prison à vie (ou aux galères), déclara que celle-ci, est décidément une putain de loterie !

Méditerranée

Sur les berges de la méditerranée, aux pieds de très hautes montagnes, une femme gît presque sans vie, flottant entre les caillasses. La mer, au crépuscule d’un jour torride d’été est fort agitée et des courants menaçent de reprendre d’un instant à l’autre ce corps inerte qu’elle a apporté, accroché trop délicatement aux pierres par un lambeau de tunique. L’endroit est comme partout sur ces rives : magnifique, désert, désolé. Heureusement, Pascal rêvasse encore, comme chaque soir, face à l’horizon sur la mer pour y guetter les couchers de Soleil. Heureusement, Pascal est un enfant solitaire qui a le cœur et la tête à la bonne place. Et peut-être doit-on aussi dire : heureusement, Pascal est orphelin depuis un sacré bout de temps. Sans hésiter, il se jette à l’eau. Mais il est bien trop petit pour hisser un poids mort et trempé. Et les courants sont traîtres dans la gorge, il le sait. Ils vous siphonnent au large en moins de deux. Comme il a toujours sur lui un bout de corde pour passer le temps à faire et défaire des nœuds de toutes sortes, il arrime sa corde à la pointe d’un roc et se ligote la taille à celle de cette femme. Et puis ? Ils restent là longtemps, immergés inconfortablement dans la mer, il ne reste plus qu’à attendre que quelqu’un passe. Pascal se dit que sa grand-mère au village finira bien par s’inquiéter. Mais Pascal s’endort souvent à la belle étoile, lorsque les filantes arrivent à la mi-août. Et ce n’est qu’au petit déjeuner qu’on le sermonne un peu, très peu. Comme ce n’est qu’à l’aube qu’il est attendu pour aider Jojo à la pêche. Et si Jojo traîne encore au bistro et passe le cap de la mauresque jusqu’au whisky, demain, c’est la grasse matinée dans la barque, puisque Pascal n’y sera pas pour le réveiller. Faut espérer que grand-maman soit particulièrement anxieuse ou que Jojo s’arrête au pastis. Après s’être éreinté à tenter l’impossible, il regarde calmement à qui il s’est ainsi étroitement attaché. Il regarde le visage de lait ; tombe dans la longue chevelure et glisse avec les gouttes d’eau qui perlent sur les pommettes, skient dans le cou, n’en remarque qu’une seule, celle qui roule sur les seins. La goutte hésite devant la saillie du mamelon nu. Cette femme est nue et belle, exactement comme une Lune tombée dans la mer. D’ailleurs ce doit être elle, Pascal connaît bien la Lune, elle lui ressemble en tout point, se dit-il. Il la prend dans ses bras. Maintenant qu’il l’a rejoint dans l’eau, il se demande si elle vit. Comment fait-on pour le savoir ? Comment ? Il approche ses lèvres des lèvres de la femme et sent un souffle tiède passer dans sa bouche. Oh oui, elle vit encore et il en est heureux, si heureux. Et cet air doux entré par le cœur lui donne du courage pour continuer là, dans la mer, il prend froid sous la tombée de la nuit. Personne n’est venu. Il a dix ou mille ans, flotte entre deux rochers, immergé jusqu’à la poitrine, dans un noir étoilé. La nuit est longue, il voudrait pleurer mais lorsqu’il contemple le corps féminin à qui il s’est lié, il sait, pour la première fois qu’il agit enfin comme un homme. Et ça Jojo lui répéte toujours : « – mon petit, bientôt, tu devras devenir un homme, ça te tombera sur la gueule sans prévenir ». Jojo est un bon gars – une crème comme on dit, mais qui ne profère que des âneries, une suite de lieux communs que l’heure de l’apéro ressasse immuablement. Il ne s’imaginait pas que cette épreuve pouvait être aussi belle et douce. Il n’appelle plus au secours, profite de son bonheur et s’endort dans le cou de cette créature sortie des eaux salées. Succubes. La méditerranée n’a de cesse de nous hanter.

tous droits réservés © Mihal-Talia B., 2007


24 réponses à Micronouvelles

  1. David Briot dit :

    (Tous les jours le monstre)
    Toucher la cible
    tout est provisoire sur terre, ça c’est sûr ça c’est clair, mais ce soir ce qui éclaire.
    Ce sont les flash des gyrophares, tout n’est que poussières, alors le magicien dose.
    il est doué en affaires, il sait en faire des choses.
    Le néant est immense, belle est la courbe d’audience, produits vendus sous vide d’air.
    ils étouffent sous leurs bonnes consciences.
    Toucher la cible d’univers provisoires, ces mondes si prévisibles, factice de la tombe au trottoir, toucher les invincibles d’univers dérisoires, fabrique de pied d’estale d’argile et de quart d’heure de gloire.
    je peins depuis demain, c’est beau dit-il, j’en suis certain,je suis acteur depuis jamais
    merveilleux dit-elle, votre rôle est parfait, je réalise aussi enfin je crois, dieu que c’est beau dieu sait que c’est bien, interruption émotions après la pub,vas y mon gars balance le ton tube.
    Une nuit et une bouteille de plus, seuls à leurs tables ils ruminent, la dernière nuit sera un opus, chefs d’orchestre sur champs de ruines.
    vu que tout est provisoire, vu que rien ne dure, je m’en vais et je pars voir la mer et la nature, pour éviter de
    Toucher la cible, d’univers provisoires, ces mondes si prévisibles, factice de la tombe au trottoir, toucher les invincibles, d’univers dérisoires, fabrique de pied d’estale d’argile, et de quart d’heure de gloire

    David Briot dépôt Sacem 8 juin 2006

  2. Arnaud Huber dit :

    (la perpétuité du vice)
    Amusant. Original. Mais pourquoi tant de phrases négatives ? Pourquoi pas “fut-ce par le laitier” plutôt que “ne fut-ce par le laitier ? Pourquoi pas “devint illisible” plutôt que “ne fut pas remarquée” ?…
    Le texte gagnerait, il me semble, en efficacité. C’est juste mon humble avis. Ça n’engage que moi. Le ton, à mon sens, est toujours aussi personnel, donc unique. Et ça, c’est déjà énorme.

  3. Markus Leicht dit :

    Whaaaa !!! Enfin une belle histoire triste de Tatie Mihal.
    Attention, maintenant on en veut une par jour. Pas question de s’endormir avant.

  4. Arnaud Huber dit :

    Ben, comme dit, ça n’est que mon humble avis. On m’a tellement reproché la même chose par le passé que je fais un peu une fixette sur le sujet. Aïe, non, pas les doigts. Pas les doigts. Ceci-dit, quand on peut remplacer une négative par une affirmative, ça donne souvent plus d’énergie au texte. Comment ? Donner plus d’énergie à un texte à un texte de Mihal-Talia ? Mais tu veux provoquer des arrêts cardiaques chez les lecteurs fragiles ou quoi ? me souffle ma conscience. Allez, continue à nous filer des uppercuts au cœur comme celui-là !!!

  5. Ai gardé ta micro-nouvelle pour la fin. Je ne le regrette pas. Avec ta perpétuité des vices et la nouvelle d’Arnaud, c’était une belle soirée de lecture. Seul reproche à ton texte, trop court!
    Bisou et bonne nuit :-) ))

  6. (commentaires importés) pour "La perpétuité des vices" dit :

    Sylvia Sequoia *

    J’aime beaucoup, tres bien, ça rebondit. J’aime !
    Publié par * Sylvia Sequoia * le 05 févr. 2007, 18:22

    Stephane

    le jean valjean du 21ème siècle, hier du pain, aujourd’hui des cerises et demain?
    du mais transgénique?
    ça ne s’arrêtera donc jamais? mis à part ça le texte bien que triste est très sympa
    Publié par stephane le 05 févr. 2007, 18:48

    Nathalie

    Trop court, c’est vrai. Mais du coup ça ressemble à une comptine, en plus sérieux, en moins « happy end ». Mais moi j’aime ce genre de petit texte qui dit tout en peu de mots. Malgré les phrases négatives que souligne Arnaud, cela suffit à le rendre dynamique. Cela me fait un peu penser à ceux que j’écris dans un journal satirique belge où je me dois d’épingler un fait ou quelques personnages en prenant un minimum de place.
    Difficile de vous en faire profiter parce que c’est plein de références à des gens et à des faits que vous ne suivez pas. A moins de ne juger que le style.
    On verra, je suis encore débutante en matière de »monespace non vital ». J’avance à petits pas. Déjà, j’y ai mis de la musique? Ecoutez
    A dans un, deux ou trois jours.
    Nattachée
    Publié par Nathalie le 06 févr. 2007, 09:52

    Nathalie
    Excuse, je voulais dire une FABLE et pas une comptine! Suis distraite, mais ce n’est vraiment pas la même chose. La suite du texte ne change pas.
    Publié par Nathalie le 06 févr. 2007, 16:28

    Lisaspook

    j’sais pas trop … j aime et je déteste ! ptetre parce que je suis d humeur maussade et que je focalise sur le fond… pourquoi tant de haine ?! de l optimisme Bordel !!!
    mais quand même…j’crois que ça me plait ! :)
    Publié par lisaspook le 06 févr. 2007, 21:25

    Octopus

    voilà , j’avais promis et bien j’ai lu une des nouvelles , je vais lire les suivantes plus tard car manque de temps!
    mais déjà les impressions montent!!! je ne vais pas faire une dissert horrible comme je faisais autrefois à la fac!! je dirais juste qu’a la première lecture celle ou ( je ne trouve pas l’accent pour ce u sur mon clavier , désolée!!) , donc je disais ou les écarts de lecture sont intéressants! pour moi cette nouvelle ressemble à de l’écriture poétique humoristique automatique cohérente , peut être suis je partie dans une pseudo interprétation délirante et tout à côté de l’effet souhaité si effet voulu bien sûr!
    voilà je vais stopper ici mes commentaires en vous souhaitant de continuer ainsi de nous divertir à coups de gestes compensatoires mais pas posthumes!
    amicalement
    ju
    Publié par octopus le 07 févr. 2007, 11:53

    Franck Cécile

    Je te lis et je vois du Boris Vian … J’aime le texte et le ton.
    C’est très bon.
    Publié par Franck Cécile le 09 févr. 2007, 20:50

    Klaris

    Beau texte, du rythme… Micro-nouvelle ? en effet ! j’aime bien ce concept. De l’Essentiel.
    Publié par klaris le 21 mai 2007, 15:10

    karnauch

    Ah oui, pour cavaler, ça cavale, à te lire, donc, sur la longueur… Enfin, ç’a l’air c’est malicieux, vu que la reine Elisabeth au-dessus c’est plutôt chantourné, chantournons… R.
    Publié par karnauch le mardi, avril 08, 2008 – 11:37

  7. Alain dit :

    (la perpétuité du vice)
    L’exercice – l’écriture d’une histoire complète en si peu de lignes – est intéressant. J’avoue que tu t’en sors très bien… Et puisque j’en suis aux aveux, je n’ai pas encore eu le temps de lire les autres micronouvelles. Je te promets de le faire bientôt car celle que je viens de lire me semble prometteuse.Bon Dieu! mais le talent, cela existe donc vraiment? Merci en tout cas de m’avoir accepté parmi tes nouveaux amis… Alain.

  8. Zorg dit :

    Bonsoir,
    ?? – Quel est ton rapport avec la Mer dAral..?? c’est une grosse colère évidement!! et il ya de quoi, une fois de plus hélas. Tiiens un peu de doc. pour les amis de passage.
    http://www.dinosoria.com/mer_aral.htm
    Bisous à bientôt ::zorg::

  9. ((commentaires importés) pour “Aral Blues”) dit :

    Arthis
    Ce texte est genial. Bravo!
    « Déchéance, tu songeais à quelques figures russes qui ne liront jamais Blaise Cendrars. » : Superbe.
    Et le reste l’est aussi.
    Amities de Paris, d’un clavier qwerty…
    Publié par arthis le 25 févr. 2007, 07:01
     
    Valérie
           
    Toi, toi, toi, petite mère enchaînée au monde de la matière, et qui, là dedans, acculée au zénith du sensible (parce que tu es une étoile fragile; ô combien ta lumière est radieuse mais vulnérable, Mademoiselle NatieB/Mikhal-Talia/Barbarabarbinette, petite mouette rieuse pour ne pas crier!) ne trouve plus l’expire vital, celui de l’élan… Et la mer se réduit, faute de posséder encore (une fois de plus? Une fois de trop?) l’énergie suffisante pour la lutte…
    Tu ne m’as pas laissé le choix: tu m’as entourbillonnée une fois de plus dans ton tumulte. Dans ton jeu.
    Dans ton JE.
    Petite plume pétillante, tu prends de l’ampleur de jour en jour. C’est un privilège d’assister à ça.
    Hors sujet: ‘chuis trop crevée pour le faire, vraiment. Sinon, vous pouvez être surs que ce serait déjà fait. Quelqu’un peut aller vérifier chez Monsieur Wiki ou Google earth ou elsewhere si la mer d’Aral ne serait pas en train de regagner du terrain depuis quelques jours? Aucun lien, miss Plume Rieuse, juste une curiosité naturelle geekienne :D
    Publié par Valérie le 25 févr. 2007, 08:26

    Thyade M
           
    J’adore… C’est houleux comme la passion, salé comme les embruns, sec comme les steppes que parcourent les nomades… Et en si peu de phrases… C’est fort !!
    Publié par Thyade M le 26 févr. 2007, 05:53

  10. David Briot dit :

    Pour Blaise Cendrars peu importe si j’ai pris le train, l’important est d’avoir donné l’envie de le prendre à des milliers de gens (Blaise Cendrars)
    Désolé je ne sais pas écrire

  11. Parcouru tes textes, parcouru ton univers, par ces bribes que tu as laissées, ces miettes de toi car on ne peut se résumer à quelques lignes, même les meilleures, même celles qui accrochent, qui nous font mordre pour mieux nous pêcher et nous prendre à tes filets…
    Par ces « miettes » qui nourrissent, qui attirent les autres mouettes (rieuses ou pas), on peut deviner comme l’arbre cache la forêt le monde qui palpite derrière ce portail virtuel, ce “my”space qui ne prend son sens que lorsqu’il devient « our »space, plateforme d’échanges via un écran, fenêtre hors du temps qui ne connaît jamais la nuit…
    J’admire ta plume, et j’en serais même envieuse si je ne me considérais pas comme encore une « dilettante » qui prend simplement du plaisir à son écriture du dimanche et peut-être cherche encore comment traduire sa propre voix intérieure en mots, ce que tu fais très bien. TA voix est tienne, et moi je cherche MA voie dans le dédale de mon esprit et de mon cœur… Ainsi te lire ne peut me rendre jalouse mais seulement me motiver et me faire du bien. Si le cœur t’en dit, passe donc me lire… L’écriture est un domaine dans lequel évoluer sur de bonnes bases critiques est difficile, sincèrement difficile. Il y a ceux qui encensent et ceux qui ignorent superbement, et entre-deux il n’y a que soi en face de quelque chose de tellement personnel qu’il est difficile d’être impartial et vraiment lucide…
    En tout cas c’est avec plaisir que je reviendrai te lire, et le succès que tu rencontres ici n’est pas étonnant…
    Bonne continuation et à bientôt !
    Christelle

  12. Arnaud Huber dit :

    (Aral Blues)
    Exprimer tant de choses en si peu de mots, je dis bravo !

  13. Markus Leicht dit :

    Les mots chantent. Ton écriture au mieux de ton dit.
    Attente d’autres mots… Toujours.

  14. Vital Valez dit :

    La mer d’Aral est sans doute un peu plus bleue,le sel des mots, neige des déserts sur la plaie vive… un merci

  15. (pour méditerranée)
    Merci Mihal-Talia. Magnifique texte que tu nous offres ici. Je ferme les yeux et je ressens de la sérénité intérieure. C’est beau !

  16. (commentaires importés) pour "Méditerranée" dit :

    Aube L

    Quelle délicatesse! Merci… Ton retour sonne comme une caresse à l’âme… Je t’espère sereine…?
    Mes hommages,
    Publié par Aube L le 10 mars 2007, 15:22

    Markus Leicht

    Beau texte, différent de ce que tu nous avais déjà offert.
    On en redemande d’autres…
    Publié par Markus Leicht le 10 mars 2007, 15:29

    Fabrice Méreste

    Ton texte, là vraiment, j’aime !
    Très belle surprise pour ton retour…
    Publié par Fabrice Méreste le 10 mars 2007, 15:49

    JOELLE

    A peine rentrée et déjà remise à l’écriture ?… Merci en tout cas, Mihal Talia, ce texte est MA GNI FI QUE !
    Publié par JOELLE le 11 mars 2007, 02:49

    adeline

    merci pour ce magnifique texte, si serein si beau, même si c’est un peu triste quand même. En tout cas bravo
    Publié par adeline le 11 mars 2007, 05:35

    Alain

    Merci pour tant de beauté
    Publié par Alain le 11 mars 2007, 06:13

    Valérie

    « Succubes. La méditerranée n’a de cesse de nous hanter.  »
    Juste un mot, ma douce: Merci…..
    Publié par Valérie le 11 mars 2007, 09:40

    Bernard

    C’est très beau, c’est trop court, c’est bien dommage. bravo et merci.
    Publié par Bernard le 27 mars 2007, 09:36

  17. Zorg dit :

    pour méditerranée)
    Succulent et mystérieux à la fois…
    Un élan généreux qui se termine dans un rêve d’outre-tombe…, est-ce moral ?, non…. bien sûr, mais la fatalité des choses est tellement belle… merci, beaucoup de plaisir à te lire.
    Bisous ::zorg::

  18. G@rp dit :

    La méditerranée me hante depuis le jour où je suis né, à côté d’elle.Elle m’a hanté pendant près de vingt ans, avant que je ne revienne vivre à ses côtés, et me hantera toujours — un seul jour sans apercevoir un coin de son regard bleu est un jour terne.Ce n’est pas l’homme qui prend la mer, chantait l’autre…Pas faux.Superbe texte, dégusté un dimanche matin sans grasse matinée, avec vue sur la lune qui se démaquille devant le miroir de la méditerranée avant d’aller se coucher.

  19. Arnaud Huber dit :

    (méditerranée)
    Un texte tout en retenue, sensible, délicat.
    Un ton nouveau, différent, surprenant.
    Moins de fougue, plus de « maîtrise », autant d’émotion.
    Bravo. C’est ce qu’on nomme un retour en grâce, non ?

  20. Markus Leicht :

    Une écriture plus sobre, un texte écrit avec tes tripes. Étonnes-nous encore. On ne demande que ça
    Publié par Markus Leicht le 24 janv. 2007, 22:24

    Astroud :

    Déplumée… Fais moi penser à ne pas devenir un monstre ou à l’être le moins possible. Un bon moment de passer avant d’aller se coucher. Merci, c’était chouette ! ^^
    Publié par Astroud le 24 janv. 2007, 23:37

    RAZANE Mohamed :

    Ah je ne sais que dire
    Le sommeil qui cogne à la porte probablement
    Mais il faut que je dise tout de même que tu as la talent de tenir ton lecteur en haleine, écriture jetée, écriture spontanée, ce qui en fait un rendu intéressant, et sur le fond, j’aimerais te dire d’arrêter de vouloir faire peur à tout le monde enfin !
    bonne nuit à toi miss
    Publié par RAZANE Mohamed le 24 janv. 2007, 23:43

    kyf :

    hé hé pas cool le monstre…
    moi non plus je ne sais pas et je pense que l’on ne saura jamais…
    c’est bien sympa ce que tu écris, je n’avais pas encore lu… je crois que je vais commencer
    continue tu as du talent bravo la misss
    Publié par kyf le 25 janv. 2007, 01:00

    Arnaud :

    Je connais ce monstre là. Tu connais ce monstre là. Il et elle connaissent ce monstre là. Nous connaissons TOUS ce monstre là. Vous connaissez forcément ce monstre là. Ils et elles font ce qu’ils peuvent, avec ce monstre là.
    Bouleversant. Bravo.
    Publié par Arnaud le 25 janv. 2007, 08:38

    Antoine Dole :

    Il me tarde de lire l’un des textes que tu nous proposeras pour « En attendant l’Or », impatient après la lecture de ton texte et de quelques uns de tes autres mots disséminés sur la toile..;)
    A bientot
    Publié par Antoine Dole le 25 janv. 2007, 10:57

    Martin du Peuty :

    Ououououh, douloureux ça… ! Pourquoi nous charcutes-tu comme ça, là où ça fait mal ?! On vit sur des montagnes russes : montées, descentes – sommets, gouffres… Blague répétitive, dis-tu… ? Il faut avoir le sens de l’humour, ou de la dérision (plutôt de la dérision) et de toute façon, l’estomac bien accroché. Belle écriture en tous cas, bravo !
    Publié par Martin du Peuty le 25 janv. 2007, 11:10

    Antoine :

    Je suis bien d’accord avec toi. On ne peut pas obliger son corps à faire ce que la société lui demande. J’en ai fait l’expérience des 8h par jours, 5 jours semaine…c’est inhumain.
    Tu te réveilles le matin, mets la machine en mouvement, tes gestes sont automatiques, tu sais ce que tu as à faire…te raser, t’habiller, manger, courir au boulot, répondre au besoin de ton patron ou de ta société, répondre aux clients, aux gens avec qui tu travailles, sourire pour ne pas être confondu. Rentrer chez toi, faire à manger, t’occuper de tes gosses ou faire quelque chose pour toi si tu as le temps; car demain rebelotte, il faut être prêt, on compte sur toi. Puis c’est le week-end, tu rattrapes le temps perdu, tu t’achètes une crème glacée, tu te fais un ciné, tu bois un verre de plus avec les autres, tes amis, ta famille, ton mari, ta chienne ou ton chien ! Tu penses à faire le maximum pour que lundi à nouveau tu sois prêt. Pas le temps de vivre, t’es plus que l’ombre de toi-même, tu rêves de liberté; mais ton corps lui ne demande pas son reste, il est silencieux, il accepte tout. Jusqu’au jour où il te dit merde et que tu finis, comme tu le
    décris bien, par te trouver comme merde…
    J’ai fait l’expérience des 8h par jour, des 5 jours semaine. Un jour mon corps m’a dit merde, j’ai arrêté, j’ai mis 3 mois à m’en remettre. Mon corps m’a dit merde, il n’y avait plus rien à faire.
    A vous tous, laissez votre corps vivre, vous n’êtes pas des machines. Il est temps que le système l’accèpte. Bien le bonjour.
    Antoine
    Publié par Antoine le 25 janv. 2007, 14:22

    Carina :

    En réalité, le monstre, il n’est pas là tous les jours.
    Peut-être quand il est chez moi il n’est pas chez toi ?

    Ma solution quand il est là : écrire, inventer des mondes merveilleux dans lesquels les monstres ne sont jamais vraiment méchants. Ou alors, admirer mon fils qui avance dans la vie avec cette confiance innée qu’ont les enfants…
    Publié par Carina le 25 janv. 2007, 16:58

    Fabrice Méreste :

    Et s’il y avait une baguette magique pour transformer le monstre du quotidien moche en un génie des jours heureux ?
    C’est un effort de chaque instant que d’apprécier les moments de la vie sans que le matérialisme bête ne tombe sur la figure, mais le combat n’est pas perdu d’avance.
    Si, si ! Nous ne sommes pas des moutons !
    Publié par Fabrice Méreste le 26 janv. 2007, 17:24

    RICHARD ALEKAN :

    Cela me plume !!! J’en redemande …
    Publié par RICHARD / ALEKAN le 27 janv. 2007, 22:41

    Anchio Arch’io Son Pittore :

    moi je le sais! :-P Les nombres et les chiffres sont des monstres, une sorte de vulgarité… je dis ça car c’est bizarre, j’aime les mathématiques et résoudre des problèmes… mais c’est pas souvent que j’aime… donc … oué … en gros être absurde c’est être humain…
    Les Mots et les Phrases sont des monstres aussi, sauf que je les chéris « Mes p’tits monstres! » je ne peux m’empêcher de les adorer, même les plus moches! ils sont utiles parfois… car tu sais pourquoi : ce sont des p’tits monstres!

    LES CHIFFRES et LES NOMBRES

    Zéro, un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit, neuf.
    Je conterai des contes sur des chiffres où
    Le jeu nous décrit un parcours qui se résout :
    Qui peut dire qu’une poule ne pond qu’un œuf ?

    Deux chiffres forment un nombre : 69,
    L’amour des nombres, symbole de nos joujoux ;
    Chiffre ou nombre sont des pièges qui vous déjouent ;
    7: ciel des anges et l’espoir d’un monde neuf.

    Je compterai des comptes sur des nombres et
    Je dénombrerai tout pour vous décourager,
    En vous emmêlant la clarté dans la pénombre.

    Hélas, je ne veux point vous faire partager
    Mon bonheur sur ces énigmes à s’enrager :
    Est-ce une ombre et un nombre font bien des nombres ?

    Bien à toi! ;-)
    Publié par Anchio Arch’io Son Pittore le 28 janv. 2007, 00:49

    Marie-Ange :

    On le connait tous forcément ce monstre, nous l’avons tous rencontré et parfois il s’attarde, il vous grignote, s’acharne et revient inlassablement. Pour un jour s’éloigner, partir loin, si loin qu’on parvient à le tenir à distance…

    Mais merci d’avoir su inscrire les mots qui nous ont taraudé quand il était là… Le simple fait de te lire renforce la conviction de ne plus jamais vouloir en être l’esclave. Et chacun peut trouver sa liberté…

    A très bientôt pour un autre plaisir à lire.
    Publié par Marie-Ange le 28 janv. 2007, 03:45

    Nanik :

    Ce monstre – car il n’en existe qu’un – il prend les traits de celui que tu aimes ou que tu n’aime pas, de ce que tu chéris ou ce que tu détestes, de ce qui te passionne ou ce qui te révulse…
    Il est là toujours avec toi, comme une présence impalpable qui te murmure des mots inaudibles dérrière l’oreille.
    Ce démon du vice et de la vertu qui étrangle l’instant ou tu crois agir.

    Agir ? Il n’en est rien.
    Les heures passent, les jours se ressemblent, les chemins sont toujours les mêmes et pourtant rien est prévisible…
    Nos vies à tous, que l’on croit si différentes sont, en fait, si semblables…
    Nous avons la même chaîne, le même boulet car de ce démon, il n’en existe qu’un.
    - touché, merci -
    Publié par Nanik le 28 janv. 2007, 13:14

    Nanik :

    … des fautes, désolé la brume est encore sous mes paupières, je ne sais pas encore écrire à cette heure – le monstre est déjà là !
    Publié par Nanik le 28 janv. 2007, 13:17

    DOM :

    Moi ça me plait bien. A quand le  » petit ange » ?
    Publié par DOM le 28 janv. 2007, 15:12

    Alain :

    « Vanité des vanités, tout est vanité… quel profit trouve l’homme à toute la peine qu’il prend sous le soleil ? » l’interrogation de Quohelet est toujours là, même s’il écrivait bien avant les Mac Do et si les réponses ont souvent changé au fil des modes.
    Publié par Alain le 28 janv. 2007, 15:23

    Jean-Noel Sciarini :

    Merci pour ce très beau texte. C’est juste, prenant, et si bien écrit. A tout bientôt :-)
    Publié par jean-noel le 29 janv. 2007, 03:03

    Stephane :

    je trouve tout simplement ce texte très fort parce qu’il est à la fois bien écrit et puis bien qu’intimiste et sincère, il s’adresse à tout le monde
    bravo
    Publié par stephane le 31 janv. 2007, 01:19

    JOELLE :

    Bravo pour ce texte ! Tellement vrai, très bien écrit, un peu noir ! Mais vous les auteurs, vous avez souvent le côté « obscur » qui prend le dessus quand vous écrivez…
    Ha que je ne l’aime pas ce vilain monstre ! Il vient me voir en général le lundi matin ! Mais moi, très optimiste, le chasse bien vite grâce à de la musique, le ciel bleu, un sourire… Et puis, la vie et belle parfois aussi !
    Publié par JOELLE le 06 févr. 2007, 22:46

    YAYA :

    juste un mot… Encore!

    Se cacherait il l’ame d’une scorpionne à l’esprit tourmenté… sous cette plume? ;)
    Publié par YAYA le 08 mai 2007, 12:01

    Joelle Niss :

    Ce monstre, il s’appellerait pas le « doute » par hasard ? On n’a pas l’air sûr de faire ce qu’on a vraiment envie de faire ? On sait qu’on fait des tas de choses qu’on n’a pas envie de faire, mais sait-on ce qu’on a vraiment, vraiment envie de faire ? Quoi qu’il en soit, ton texte dynamique m’a entraînée dans un tourbillon.
    Publié par Joelle Niss le 17 mai 2007, 23:34


    Gilbert BRUN – Margeur :

    Ah oui mais là c’est très très brillant ! Je suis exactement sur cette longueur d’onde. c’est fort !
    Publié par Gilbert BRUN – Margeur samedi, juin 16, 2007

    Marin Favre :

    J’aime beaucoup ce texte, très fort ce texte. Marin.

    Publié par Marin Favre le dimanche, mars 30, 2008 – 2:12

    klaris :

    Ahhh ! au secours j’ai lu, je vais le réveiller ! Je vois tout à fait oui oui ! très bien exprimé ! Bravo !
    Publié par klaris le mercredi, avril 23, 2008 – 11:00

  21. Lucie Chenu dit :

    (méditerranée)
    Je dirai comme Bernard : C’est très beau, c’est trop court ! Bravo !!

  22. Joelle Niss dit :

    (méditerranée)
    Je suis sous le charme de l’histoire qui, telle un conte de fées, me laisse flottant dans une atmosphère de beauté et de mystère.

  23. Sara Do dit :

    (méditerranée)
    La grande bleue sommeille en profondeur. la mer, mère de tous nos secrets enfouis, touchant le fond… Jolie méditerranée : Je prends ! et j’en veux du rêve en bleue… encore!!!

  24. Garcia dit :

    J’ai beaucoup aimé Tous les jours le Monstre, La perpétuité des vices et La Méditerrannée, plus on parcourt les nouvelles et plus on monte d’un cran, une sensibilité en creshendo, de moralité et d’émouvance … j’adore la fin « La méditerranée n’a de cesse de nous hanter » UN GRAND BRAVO!
    Alexandre

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