Antonio Tabucchi parle du silence

Une tendance qui m’inquiète partout : d’un côté, trop d’intellectuels officiels,  vides et mous.  Sur-médiatisés,  on peut avoir l’impression que l’exercice démocratique est sauf et la critique possible. En réalité, parlant pour ne rien dire,  ces figures accréditées comme intellectuels sont les meilleurs boucliers du pouvoir dans nos régimes européens.  On a ainsi sauvé les apparences. Rien de neuf sous le soleil. De l’autre, de légitimes figures de contestation constamment muselées. Soit par déni, campagne de mépris, soit par intimidation, menace.

Trop fréquemment nous entendons un citoyen lambda, écrivain de surcroit, amputé de sa liberté, de sa parole, ou exerce celle-ci en le payant de graves conséquences. Si nous ne pouvons plus nous élever contre ce que nous croyons – à tort ou à raison- relever de l’injustice , où allons-nous ?

En Italie, le président du Sénat veut réduire l’écrivain Antonio Tabucchi au silence

donc, à diffuser…

21 mai 2009, par Sylvain Bourmeau © Mediapart

« En 2008, le grand écrivain italien Antonio Tabucchi a pris publiquement position dans L’Unita en faveur d’un journaliste attaqué en justice par le président du Sénat. Cela lui vaut d’être à son tour attaqué par ce proche de Silvio Berlusconi, qui lui réclame 1,3 million d’euros. Depuis, non seulement la presse transalpine ne s’émeut pas de cette affaire; mais elle n’en rend même pas compte. Antonio Tabucchi livre son récit des faits en vidéo, en exclusivité pour Mediapart. »


L’affaire Schiffani par Antonio Tabucchi – Mediapart

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« Pensez ce que vous voudrez. Plus vous croirez pouvoir parler de moi, plus je serai libre à votre égard. Parfois, il me semble que ce qu’on apprend de neuf sur les gens n’a déjà plus de valeur. À l’avenir, si quelqu’un m’explique comment je suis - et fût-ce pour me flatter ou me rendre plus forte -, je n’admettrai plus une telle insolence. »

Peter Handke, La femme gauchère

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